ITINERANCE ESTIVALE AOUT 2002 4 SEMAINES AU VENEZUELA

Parce que le pays connaît à ce jour une crise politique et économique majeure, il m’a semblé bon de revenir quelques instants sur les étapes de mon voyage au coeur du Venezuela pour mettre en évidence ces atouts géographiques, la gentillesse de sa population et son potentiel en matière touristique évident.

Il faut savoir que le Venezuela est un pays immense qui nécessite du temps, un peu d’argent ($ bolivares ! ! !) et beaucoup de patience pour s’engager dans d’interminables files d’attente (bus, banques, administrations...). Parler l’espagnol est un bon plan dans tous les cas pour discuter avec la population locale, étudier les us et les coutumes diverses, admirer les jolies filles qui sont légions dans ce pays (secret de fabrication ?). Avions ou autobus, suivant les budgets, permettent de se déplacer aisément sur tout le territoire (de préférence la nuit pour économiser une nuit d’hôtel). Pour moi, ce fut le bus.

Voici donc les grandes étapes de mon voyage !

Mardi 30 juillet :

Départ de l’aéroport de San Sebastian (Espagne) pour un périple de 27 jours à pied et sac à dos, muni du « Guide du Routard », du « Petit Futé », et de quelques contacts e-mail obtenus par el señor Hervé de la multinationale Sabor Discos.

CARACAS :

Incontournable ! ! ! Quand on atterrit à son aéroport, cette mégapole est tout sauf une sinécure. On peut envisager, ce que j’ai fait, d’y passer deux jours seulement pour visiter le centre ville. Très vite, on se sent étouffé, stressé par une tension palpable qui fatigue son hôte. A voir : le Capitole, la Plaza Bolivar, les rues archi bondées de camelots en tout genre (ambiance latino garantie !). A utiliser : le métro qui traverse la ville de part en part. Eviter de traîner seul dans les rues après 20h sous peine de faire des rencontres non désirables. Le meilleur moment de la journée : s’asseoir à une terrasse de bar et commander son petit déjeuner, le spectacle est dans la rue ! CORO (nord-ouest) :

Caracas-Coro : 8 heures de bus. Attention à la climatisation poussée à l’extrême dans tous les bus du pays, il est prudent de se couvrir pour les longs trajets ! Le calcul de mon budget global m’autorisait 30 euros par jour tout compris, ce qui, chaque jour m’encourageait à dormir dans les hôtels les moins chers ! Il n’est pas évident de trouver des logements chez l’habitant. Coro est une petite bourgade écrasée par la chaleur (attention aux moustiques) qui ne présente à mon avis que peu d’intérêt. A faire : une ballade dans le désert miniature de Médanos (c’est génial et très reposant !), prendre le bus jusqu’à Alicora pour se baigner dans la mer des Caraïbes au milieu des cormorans et autres pélicans. Prudence au soleil, il est redoutable et n’épargne personne.

SAN CRISTOBAL (ouest) :

Coro-San Cristobal : 12 heures de bus. Ville frontière avec la Colombie. Le principal intérêt de cette ville se nomme Eduardo, qui m’accorde l’hospitalité au domicile familial où règne sa maman « Maria » petit bout de femme haute en couleurs et débordante de générosité. Découverte des groupes ska vénézuelien, interview à la radio Mega où travaille Eduardo, dégustation prolongée de rhum et de bière Polar, repas entre amis et fête qui s’en suit. C’est aussi ça la découverte d’un pays. A faire : un détour le dimanche à Perico, petit village montagneux qui à la particularité d’accueillir les voitures-discothèques, chaque propriétaire se faisant un devoir de pousser le volume de son système au maximum en sirotant une... Polar !, entouré de jolies filles pour mieux refaire le monde.

MERIDA (cordillère) :

San Cristobal-Merida : 5 heures de bus Accueilli par Nestor et Andrès du groupe ska « Paro Civico », je me retrouve dans une très jolie ville étudiante où il fait bon vivre. Panorama sur la Cordillère, climat très agréable, un sentiment de sécurité retrouvé, des rues où il fait bon déambuler à la recherche du souvenir qui tue !, les meilleures « arepas » (spécialités du pays), ou de Simon Bolivar dont la statue orne toutes les places centrales du Venezuela. A noter : le sport favori des jeunes reste le « cellular », téléphone portable brandi 20h sur 24h qu’il soit ou non en état de fonctionne ! L’important c’est d’en avoir un. Les Paro Civico sont des gens adorables qui sont aux petits soins pour ma personne, c’est agréable d’autant plus que j’ai prévu de les accompagner lors de leur concert à Bogota quelques jours plus tard.

BOGOTA (Colombie) :

Taxi puis avion avec les Paro Civico. On peut dire ce qu’on veut : oui, Bogota est une ville encore plus dangereuse que Caracas, mais se retrouver sur la Plaza Mayor qui a accueilli quelques années en arrière un groupe du nom de Mano Negra pour un concert de folie, ça fait quelque chose... A voir absolument : le centre ville (en plein jour !), el Museo del Oro, concentré d’histoire et de richesses accumulées au travers des siècles. Paro Civico en concert, une ambiance incroyable avec un vrai public qui soutient les artistes (back to la scène alternative des années 90 en France) A éviter : les promenades nocturnes à pied à Bogota seul ou à plusieurs, à moins d’avoir des tendances suicidaires, le taxi reste obligatoire.

Dimanche 11 août : retour à Merida

LES LLANOS (près de Mantecal) :

Merida-campement Llanos : 9 heures. Sortir des villes, plonger dans une ambiance nature après l’épisode de Bogota me paraissait indispensable. L’agence tour Guamanchi (Mérida) me propose 4 jours d’immersion totale dans les llanos (marécages), un guide étant pour ce type de séjour indispensable. Au programme : campement sobre, nuit dans un hamac, approche d’une faune et flore extraordinaire : caïmans, varans, tatous, rapaces, piranhas, boas et anacondas, des centaines d’oiseaux et autres animaux. Ballades à cheval, en pirogue, rafting et repas à la bougie participent au dépaysement le plus total. Un bon point pour Harry le guide de Guamanchi qui allie compétence et bonne humeur. Le tout à un tarif abordable, n’hésitez pas !

BARQUISIMENTO :

15 heures de bus entre Mérida et Barquisimento pour cause de détour par Barinas. Accueilli par Dana à la gare (activiste de la scène musicale locale) puis par Theny du groupe Mr Swing and the Bongo Clan, je ne connaîtrai de cette ville que l’université et quelques bars où le karaoké se dispute le monopole avec une ambiance plus « live » et électrique. Parilladas, match de street-football, rencontres multiples me permettent de conforter ma vision d’un pays où la jeunesse ne demande qu’à s’exprimer au-delà des clivages socio-politiques très pesant.

ISLA MARGARITA :

Barquisimento-Puerto la Cruz : 10 heures de bus – Puerto la Cruz-Isla Margarita : 4 heures de bateau Séjour détente sur une île dont le nom est déjà tout un programme ! Atterrissage à l’hôtel kitch « Nuevo Paraiso » à Porlamar qui sera mon port d’attache durant 3 jours. Ile très agréable, peu exploitée en cette période sur le plan touristique, des plages semi-désertes, une mer calme, des pélicans qui vous observent... A découvrir : la playa Caribe (pour sa quiétude), la lagune de Restinga (mangrove et cactus géants), le village de Santa Ana pour l’achat d’un hamac de compétition.

Quatre semaines ont passé, retour sur Caracas pour cause d’avion, sur des airs de Las Ketchup et de Los Elefantes « Asi es la vida ». Beaucoup de paysages restent à découvrir, la Gran Sabana, los Roques... qui méritent eux aussi le détour. Je vous invite bien évidemment à découvrir ce pays seul ou à plusieurs, faites si possible votre propre itinéraire, les rencontres n’en seront que meilleures. Un grand merci à tous les gens qui m’ont accueilli et hébergé avec beaucoup de gentillesse, je pense à eux en ces temps de tourmente. Promis, je reviendrai au Venezuela.

D. VALDES

P.S : Abrazos à Hervé Molia pour tous les bons contacts qui m’ont facilité la vie !