ven 15 fév 2008

Renée au Mali

15 02 2008

Ma vie ici est pour l’instant bien calme ! A notre arrivée au Mali, j’ai emmené au pays Dogon la copine qui a fait le voyage avec moi. Mais depuis je ne suis pas repartie ; Cheick a voulu m’emmener avec lui avec ses touristes mais je n’ai pas eu envie de retourner dans les mêmes endroits.

Nous allons peut-être aller au festival sur le Niger en fin de mois mais j’attends de voir le programme car il y a des artistes que je n’apprécie pas vraiment. Ce sont de femmes qui sont issues de la caste des griottes et qui chantent des thèmes adorés par les maliennes : l’amour, le mariage, les enfants…Tout ça avec des chansons qui n’en finissent pas, que je ne comprends pas, et qui ont un accompagnement musical sans intérêt.

L’autre soir, j’ai participé à un concert où ces femmes ont monopolisé la scène ; quand elles se mettent à chanter un thème particulièrement apprécié, tu vois les femmes se précipiter sur scène pour leur donner un billet, ou une liasse de billets. J’ai même vu un homme venir offrir une voiture ! Alors en retour la chanteuse entame les louanges du donateur ou de la donatrice et ça peut durer longtemps. A ce fameux concert, il y avait 4 griottes qui étaient en concurrence ; à celle qui récolterait le plus d’argent ! Les organisateurs ont dû couper le micro pour qu’elles s’arrêtent car sinon on y serait encore !

Résultat : les hommes qui étaient programmés ce soir là n’ont pas pu chanter car la location de la salle s’arrêtait à une heure précise. L’arnaque ! Voilà pourquoi je ne suis pas encore sûre d’aller à ce festival. Je vais privilégier les concerts individuels !

A part çà, je ne vous ai pas raconté mon périple en voiture ! Je ne sais plus si je vous l’avais dit mais je suis partie avec une copine, plus 2 gars que j’avais trouvés sur Internet et qui ont été de très bons compagnons. Si le voyage de l’année dernière a ressemblé à une promenade de santé, celui de cette année a été un peu plus compliqué.

Nous n’avons pas pris tout à fait la même route : en Espagne, au lieu de Madrid, nous sommes passés par Salamanque. Cela permet de visiter cette belle ville en passant et d’éviter le contournement de Madrid qui est un peu long. Au Maroc, au lieu de la route côtière, nous sommes passés par Marrakech et nous avons ensuite rejoint le bord de mer pour traverser le Sahara occidental.

Et en Mauritanie, comme l’an dernier, nous nous sommes arrêtés dans le banc d’Arguin qui est un parc ornithologique et marin, là où le désert se jette dans l’océan. Et c’est là que nous sommes tombés en panne ! Après de nombreux avertissements que nous aurions dû prendre plus au sérieux, la voiture a fini par lâcher en fin de soirée en plein milieu du désert. Nous avions de l’eau, de quoi faire des sandwichs et des duvets pour une première nuit à l’hôtel des mille étoiles. Le lendemain j’ai pu me rendre à Nouakchott avec un monsieur d’un village de pêcheurs et ramener la pièce défectueuse avec un mécanicien. Le diagnostic était bon mais la pièce de rechange ou le mécano n’était pas bon. Après une deuxième nuit dans le désert il devenait urgent d’en sortir. Alors nous avons fini par nous faire remorquer à Nouakchott par un escroc qui nous a pris une fortune ! Encore un jour de réparations inutiles avec des mécanos incompétents jusqu’à ce que je rencontre le père Noël !!

En effet, j’étais en panne sur le bord de la route après un nième essai infructueux quand une voiture s’est arrêtée. C’était le patron d’une entreprise française de ramassage des ordures ! Avec son chef de parc (marié à une Dacquoise !), ils ont remorqué ma voiture jusque dans un garage sérieux et le lendemain soir la voiture était en état de marche.( Ca n’était pas une grosse panne et le premier mécano avait bien diagnostiqué le défaut mais n’avait pas réussi à réparer). J’étais contente de pouvoir leur offrir la bouteille de Ricard que j’avais emmené à Cheick..D’ailleurs, le premier soir, en bons français, nous avions tous ensemble fait du mal à la leur et il était plus que juste que je leur fasse ce petit cadeau avant de les quitter.

Avec 4 jours de retard, nous avons quitté la Mauritanie. Deux jours après c'est-à-dire le dimanche 18 Novembre, nous étions enfin à Bamako.

Dans notre malheur, nous avons eu la chance de ne pas croiser la route des extrémistes qui ont assassiné les français un mois plus tard ! Mais je dois dire qu’à Nouakchott, j’ai senti que le pays était en train de se radicaliser et que l’intolérance et l’extrémisme gagnaient du terrain. Rien d’étonnant ensuite que des groupuscules se sentent autorisés à franchir des limites de la légalité et de l’horreur ! Voilà quelques nouvelles du Sud !

Bises à tout le monde. Renée