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Tijuana No

Le groupe punk et influent Mexicain Tijuana No ! s’est toujours considéré comme le porte voix des parias vivant des deux côtés de la frontière Mexique-USA. « Nous sommes la continuité de la voix du peuple » a dit Teca Garcia, l’un des trois chanteurs du groupe qui met sous les projecteurs les injustices et les atteintes aux droits de l’homme depuis maintenant plus de sept ans. Tijuana No ! est l’un des groupes underground de premier plan sur les scènes espagnoles en punk rock.

Mais de nos jours, le « peuple » est international, grâce en partie à leur dernier album, « Contra Revolucíon Avenue », qui associe le groupe aux musiciens les plus expérimentaux de la world beat, l’indi rock et du hip hop. Garcia et Güereña (chant et percus) ont quitté le groupe l’année dernière et ont été remplacés par Rodrigo Lopez et Edmundo Arroyo. En partageant leur talent avec des musiciens venant d’horizons aussi variés que le pays basque espagnol ou le Midwest américain Tijuana No ! a transposé l’expression « zone frontière » au delà de son évidente signification géographique pour en faire un espace musical et psychologique habité par des artistes désireux de faire tomber des frontières artificielles de langage, de genre et de citoyenneté. Les contributions musicales viennent de la légende Rasta punk HR de Bad Brains, un ex membre des Breeders et Pixie Kim Beal, du pionnier du Hip Hop chicano kid Frost, d’Angelo Moore des Fishbone, de Kid Caviar de Horny Toad, de Fermín Muguruza ex leader des Negu Gorriak, mais aussi de membres du punk-à-Billy de Los Angeles, Calavera, les Pietasters et John Pantle, le manageur et tromboniste de Tijuana No ! qui avait auparavant dirigé Sublime, Save Ferris et No Doubt . Dans cet album Deal et Batista s’associent pour un duo grunge en deux langues. Moore chante et joue du saxo et du theremin, instrument de l’ère spatiale semblable au violon. HR offre un soutien vocal tout comme Fermín Muguruza du groupe basque tropical punk avec un projet politique séparatiste Negu Gorriak. Frost rappe avec Luis Güereña dans « Stolen At Gunpoint », une chanson sur l’acquisition de terre aux USA.

Contra-Revolución Avenue

« Nous avons toujours été versatiles, nous avons toujours fait des expériences et pas seulement avec la musique mexicaine, mais aussi en employant toutes les cultures du monde » affirme le fondateur et parolier original, Luis Güereña à propos de la musique de Tijuana No ! et de ses deux premiers albums acclamés par les critiques sur le marché latin : « Tijuana No ! » et « Transgresores De La Ley », produit par Fermín Muguruza, sortis chez BMG. Le résultat en est le son hybride de Tijuana No ! qui mélange le punk afro Latin avec le reggae et le hardcore, la world beat et le ska, tout cela enveloppé de voix masculines abrasives et de voix féminines mélodiques. « Nous ne voulons tomber dans aucune tendance ou ligne musicale » dit encore Güereña, « notre son est une fusion qui transmet ce que chacun apporte au groupe ».

Mais, alors que le groupe s’est toujours considéré comme un orchestre international plutôt que régional, « Contra Revolucíon Avenue » (BMG Latin US) marque la première tentative officielle pour attaquer le marché US. « Nous pensons qu’il est important qu’un maximum de gens écoutent notre musique » répète Güereña qui porte un Tee-shirt montrant l’image d’un pape tenant un estomac de femme enceinte, ce qui est une critique évidente envers l’Eglise catholique à cause de sa position contre les contraceptifs.La moitié de ce dernier album est en anglais, ce qui veut dire que Tijuana No ! n’a pas peur d’aller au delà des contraintes d’un genre de musique qui est souvent appelé « rock en tu idioma » ou le rock dans ta langue « il y a tant de latinos qui connaissent l’anglais » dit Güereña « enregistrer en anglais nous donne l’occasion, non seulement d’atteindre le marché latin mais aussi le marché mixte US. »

Tijuana No ! a commencé par être un groupe d’amis avec des idéaux communs. Dans les années 80, Güereña était un promoteur de concert punk qui organisait des spectacles pour les groupes punk américains et mexicains à Tijuana. A l’époque, il était dans un groupe appelé Solucíon Mortal. Quand le groupe jouait à San Diego ou a Los Angeles, il faisait passer en cachette son bassiste à travers les champs de tomates (tout le monde avait des papiers en règle sauf le bassiste). Plus tard, il a rencontré Zuniga à un gala de bienfaisance dont il avait aidé l’organisation à collecter des fonds au bénéfice des rebelles gauchistes du Salvador et du Nicaragua. Dans ce gala jouaient des groupes tels que Black Flags et les Dead Kennedys. Zuniga avait travaillé avec Julietta Venegas dans un groupe appelé chantaje. Güereña rejoint Chantaje et enregistra une démo ska punk avec Venegas au chant de ce qui est ensuite devenu le son représentatif de Tijuana No ! Julietta Venegas, qui a écrit l’une des chansons les plus populaires « Pobre De Ti » est partie faire une carrière en solo et vient juste de sortir son premier album au Mexique cette année. C’est Cécilia Bastida qui l’a remplacée.

Au début, le groupe était juste appelé No ! mais des membres du groupe se sont vite aperçus qu’un autre groupe mexicain avait le même nom. « Nous allions donc nous appeler No de Tijuana mais on a réalisé que beaucoup d’autres groupes pourraient juste dire qu’ils étaient No de Monterrey, No de toute autre ville au Mexique » dit Güereña, « Nous avons voulu garder NO dans le nom donc nous avons opté pour Tijuana No ! ».

Dans les années 90 le groupe s’est mis à chanter sur les guerillas zapatiste (Mexique) et Tupac Amaru (Pérou). Entre temps ils ont fait des représentations importantes telles que les festivals de Big Top Locos 1 et 2 à Los Angeles en 1994 et 1995 où ils ont joué avec Rage Against The Machine et Youth Brigade.

Transgresores de la Ley

Le fait d’avoir trois voix donne à Tijuana No l’impression de former trois groupes en un. Garcia rappe, Güereña grogne, Bastida chante avec un mordant populaire. Dans le passé, Tijuana No ! n’a malheureusement pas mis assez en avant la voix de Cécilia. Bien que ce soit l’une des quelques chanteuses de talent de la scène « rock en Espagnol », Cécilia Batista a tout au plus chanté sur quelques titres en étant reléguée la plupart du temps à soutenir les voix principales sur les deux premiers albums. Mais sa voix a toujours été le point fort de toute représentation. Son interprétation de « Spanish Bomb » (album « Transgresores De La Ley ») des Clash montre son talent pour passer d’un anglais sans accent aux chœurs en espagnol. Maintenant Cécilia Bastida chante sur au moins quatre morceaux de « Contra Revolucíon Avenue ». Elle ajoute de la grâce, de la puissance réthorique qu’emploie le groupe pour faire passer son message et elle renforce ainsi l’impact de la musique.

Et alors que cet album peut catapulter Tijuana No ! dans une nouvelle et plus large popularité et qu’il a des ventes plus importantes, la politique est toujours là, essentielle pour ce groupe dont le nom est interprété par beaucoup de gens comme une protestation contre la fuite des Mexicains vers les Etats Unis via la ville de Tijuana située en Basse Californie. En fait on voit souvent Güereña traverser la scène au pas de l’oie en chantant « gringo Ku Klux Klanes », une chanson de protestation contre la législation anti-immigration du gouverneur de Californie Pete Wilson, ou le voir donner un coup de pied dans une effigie de Carlos Salinas de Gostari, ex président Mexicain . Avec ses paroles agressives chantées en espagnol, anglais, et spanglais et ses représentations scéniques en forme de meeting politique, Tijuana No ! fait passer un message dont les membres pensent qu’il mettra longtemps à parvenir à un public plus large. « Contra Revolucíon Avenue », un jeu de mot sur le nom de Avenida Revolucíon qui est l’artère commerciale de Tijuana (un oxymore disent les membres du groupe), reste fidèle aux inclinations politiques du groupe. La chanson est le constat de l’hypocrisie consistant à nommer ainsi une artère commerciale au sein d’une population misérable. Récemment Tijuana No ! a fait les grands titres d’une représentation en faveur des Zapatistes à Mexico. Ce fut le point fort d’une marche qui a commencé dans le Chiapas et a fini dans la capitale en 2002, où des provisions attendaient les rebelles zapatistes. C’est le signe que pour certains, être là où se trouve la cause en laquelle vous croyez est plus important que de simplement donner de l’argent liquide.
« Nous chanterons toujours l’éveil politique jusqu’à ce que la vie des plus pauvres dans le monde s’améliore » affirme Güereña, « aussi longtemps que ceux qui causent la misère des plus démunis ne changent pas leur façon de faire, nous ne pourrons cesser de tenter de propager notre message »

Le groupe est composé en 1998 de :

Cecilia Bastida : chant et percussions
Rodrigo Lopez : chant
Jorge Velasquez : basse
Jorge Jimenez : guitares
Alejandro Zuñiga : batterie
Edmundo Arroyo : saxophone

Live from Balboa

 

Le groupe de Tijuana No a sorti ces 3 albums sur BMG et a influencé presque tous les groupes rock populaires mexicains de l'instant et du passé :
”Tijuana No” (BMG Mexico, 1993)
”Transgresores de La Ley” (BMG Mexico, 1994) producteur Fermin Muguruza
”Contra-Revolucion Avenue” (BMG Mexico,1998)
“Live at Bilbao 2000”

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